Salon du Livre de Genève

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Le programme de mes modérations au Salon du Livre de Genève :

> Pavillon du voyage, 1er mai à 13h, rencontre avec Stéphanie Bodet (Habiter le monde, éditions Gallimard – L’Arpenteur),

> Pavillon du voyage, 1er mai à 14h, rencontre avec Alicia Kopf (Frères de glace, éditions Robert Laffont) et Grégoire Polet (Barcelona !, éditions Folio),

> La Planque, 1er mai à 15h, rencontre avec la réalisatrice Jeanne Mascolo avant la projection de son film Alexandra David-Neel – Une femme au Tibet interdit,

> Scène Belgique Wallonie Bruxelles, 1er mai à 16h, rencontre avec Anne Herbauts (auteure jeunesse aux éditions Casterman),

> Pavillon du voyage, 1er mai à 17h, rencontre avec Jeanne Mascolo (Alexandra David-Neel, cent ans d’aventure, éditions Paulsen) et Jennifer Lesieur (Tu marcheras dans le soleil, éditions Stock),

> La Planque, 2 mai à 15h, rencontre avec Capucine et Simon Johannin, Guillaume Pidancet lira des extraits de Nino dans la nuit (éditions Allia),

> L’Apostrophe, 2 mai à 16h, rencontre avec Marc Voltenauer (L’Aigle de sang, éditions Slatkine&Cie) et Jérémy Fel (Helena, éditions Rivages),

> Pavillon du voyage, 5 mai à 15h, rencontre avec Mathieu David (Barcelone brûle, éditions Gallimard – L’Infini) et Victor Del Arbol (Par-delà la pluie, éditions Actes sud)

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Rencontres avec Alain Thomas & Patrice Repusseau

Rencontres à l’occasion de la publication du Cantique d’Alain Thomas écrit par Patrice Repusseau, dans le cadre des 100 ans de la librairie Coiffard et avec la participation de l’Université Permanente de Nantes. Merci à Anne His de la compagnie La Boite à Coulisses pour les lectures, à Jean-Félix Fayolle pour les photos et à l’agence Apapa Rosenthal pour la sollicitation.

Rencontre et dédicace autour du nouveau livre "Le Cantique d'Alain Thomas" avec la Librairie Coiffard.
À l’amphithéâtre de la Faculté de Médecine
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À l’Échelle (Librairie Coiffard)
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Merci au peintre Alain Thomas et au poète Patrice Repusseau

Le Livre imaginaire

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Inventé par Joël Kérouanton et développé par Henri Mariel du Théâtre de la Ruche, Le Livre imaginaire est un exercice d’improvisation débouchant sur l’écriture collective d’un roman qui n’existe pas. Avec l’aide de 70 lycéens, je suis devenue le temps d’une soirée Violette, auteure de 52 dimanches que nous avons imaginé ensemble. Une fabuleuse expérience transposable à l’infini, et pouvant être axée sur des thèmes prédéfinis. À l’issue de la soirée, chacun écrit sa propre quatrième de couverture, puis une jaquette est inventée, un chapitre peut être écrit, et Le Livre imaginaire va rejoindre La Bibliothèque imaginaire. Un immense merci à Joël Kérouanton, à Anne Groisard et Henri Mariel du Théâtre de la Ruche, et bien entendu à mes 70 co-auteurs.

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Revue de presse et chapitres inédits à découvrir dans La Bibliothèque imaginaire.

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« Ambre avait les sourcils froncés. Une mine bien sérieuse qui contrastait avec les couleurs vives de sa tenue. Gilet prune à pois rouges, jupe verte et Doc Martens roses, la jeune femme avait l’air d’une petite fille, pimpante à son habitude, mais concentrée, vraiment concentrée. Il faut avouer que le cochonnet était bien planqué derrière les boules de ses compères et que choisir s’il fallait pointer ou viser n’était pas une mince affaire. En ce beau dimanche d’été, Ambre hésitait. Sourde aux invectives, tout à son affaire, le métal bien lourd se réchauffant dans sa main brûlante, Ambre avait à cœur de bien faire, quitte pour cela à dégommer le jeu de ses copains devenus – le temps d’une partie – ses pires ennemis. Il n’était pas question qu’elle se laisse avoir par les sentiments, elle était là pour gagner, notre enfantine infante. Après avoir fermé un œil — le gauche — puis un autre — le droit — Ambre s’accorda le droit d’aller y voir de plus près. Le pas ferme, la Doc bien en pied, c’est à grandes foulées, l’air décidé, qu’elle se dirigea vers les boules déjà lancées. Narquois, coincé, le cochonnet lui lança, provocateur, que jamais, Ô grand jamais, elle n’arriverait à l’emplafonner. Il en fallait plus pour impressionner la donzelle qui, le pas ferme, la Doc bien en pied, à grandes foulées, l’air décidé, regagna la zone de tir. Ça se confirmait : elle allait pointer. Sur les côtés, les garçons s’agitaient, criaient, paillaient, sifflaient du Ambre, en veux-tu, en voilà. Seul le discret Paul, morose, pour changer, jouait les indifférents. Muet, la bouche plissée, l’œil sombre, qu’il glissait pourtant bien volontiers — mais en lousdé — sur la pimpante infante, il avait choisi son rôle, il devait tenir son rôle, poète maudit aux trois poèmes (mal) imprimés, à lui la tragédie, oh oui, à lui la déprime, oh oui, à lui la dépression, la très très grande dépression. N’empêche que, calculait-il, s’il faisait mine de relacer son lacet non défait, et s’il se plaçait dans l’axe, le bon axe, au bon moment, se pourrait-il qu’il puisse apercevoir un genou, ou deux genoux, de la fringante sous la pimpante jupe verte ? En fallait-il de la détermination, et de la dépression, oh oui, de la très très grande dépression pour savoir si bien associer projet lubrique + air morose + œil sombre. Une équation bien délicate au résultat incertain, mais Paul était habile calculateur. Le nez en l’air, faisant mine de communier avec les corneilles qui s’égosillaient dans les arbres, mimant le parfait ennui, d’un pas de côté il se plaça face à Ambre, de l’autre côté du jeu de boules, bien décidé à relacer son lacet non défait quand la jeune femme se déciderait, mais se déciderait-t-elle, à viser, ou à pointer. Dans une belle harmonie digne d’une belle chorégraphie, Paul commença à s’accroupir quand Ambre se décida enfin à jouer son coup de maitresse. Dans un ralenti parfait, le premier baissa les yeux au sol quand la seconde leva les siens au ciel, suivant de près, de très près, la trajectoire de la boule qu’elle avait lancée avec un enthousiasme mal canalisé, une envie de vaincre non dissimulée, et une puissance non calculée. Puissance si puissante qu’en une fraction de seconde le délicat nez du délicat poète se trouva fracturé. Ô grands cris, Ô grand désespoir, Ô la gaffe ! Quel ange là-haut pour se moquer du sérieux de la délicate Ambre qui – à chaque fois qu’elle tentait de forcer sa nature, de froncer ses jolis sourcils et de se concentrer – immanquablement, imparablement, ne manquait pas de provoquer une cata-trophe. Les corneilles regardèrent impavides les Docs roses se précipiter sur le poète à terre. L’œil sombre, qui avait un peu viré au blanc, le coup aidant, croisa le regard bleu de la jolie pimpante. Il glissa et tourna et s’arrêta net sur le genou, sur les genoux, de la jeune femme accroupie. Ça se confirmait : Paul était amoureux. »

Violette (Amandine Glévarec)