On n’est jamais à l’abri de créer une œuvre d’art ! – Sola

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Avec On n’est jamais à l’abri de créer une œuvre d’art, Sophie Lainé offre non pas un banal manuel d’apprentissage, mais bien un guide humain et humaniste qui vous aidera à faire fi de vos dernières réserves. Ainsi, insistante ou timorée, l’envie de créer peut se faire ressentir. Prendre le pinceau, essayer, tenter soi aussi le miracle de donner vie aux formes, aux couleurs. Comme tout processus, modification de soi, celui-ci n’est pas anodin et il n’est pas toujours simple d’oser. Il est bon alors de trouver une amie, non pour placer ses pas dans l’empreinte des siens, mais pour profiter d’une expérience, d’un vécu, pour découvrir les réponses aux questions que la peintre s’est posées avant nous. Et elle commence fort notre auteure, non sans humour, en assénant que qui veut devenir artiste doit avant tout se définir comme tel, pour s’affirmer auprès des autres, et faire taire surtout ce méchant sentiment d’imposture qui si souvent nous parasite. Une fois la chose dite, et clarifié le concept d’art, l’interrogation de son utilité, vous n’aurez plus qu’à vous laisser aller à la confiance, en vous, et à la bienveillance de Sophie Lainé.

La pratique de l’art sans-cible

C’est en jouant que l’enfant apprend. Lorsque l’enfant joue, il n’a pas d’autre but que de jouer. L’artiste en vous à ce stade est un enfant, d’où̀ sa vulnérabilité. Qui dit « jeu » dit « plaisir » et non pas « devoirs ».

Libre de toute exigence de résultat, vous allez enfin pouvoir expérimenter ces couleurs, ces nuances, ces coulures, ces effets de pinceaux, de couteaux et autres instruments. Ce dont l’artiste en vous a le plus besoin, c’est de se familiariser avec ses outils et ses moyens du moment.

Créer consiste avant tout à expérimenter. Expérimenter est tout sauf réussir quelque chose puisque, par définition, l’expérience est dépourvue de garanties de résultat. Alors, destination poubelle ou mur d’exposition ?

On ne connaît jamais à l’avance l’avenir de ce qui est en train de naître sous nos doigts, car la création artistique est une aventure à vivre, pas un problème à résoudre.

Lorsqu’on a interviewé les concurrents de Charles Lindbergh pour connaître leurs motivations à relever le défi fou de traverser l’Atlantique en avion, ils répondirent : « Pour être les meilleurs et prouver au monde que ce rêve peut devenir réel. »

Quant à Lindbergh, futur vainqueur de l’épreuve, à la même question il répondit : « Parce que j’aime voler ». La passion n’a pas d’autre but qu’elle-même et c’est en cela qu’elle nous offre une force miraculeuse d’accomplissement.

Pour commencer, ne pas perdre de vue que le chemin sera parsemé d’embûches, aucune néanmoins que votre désir, votre potentiel et votre sensibilité ne sauront surmonter. Sophie Lainé est ainsi, elle ne vous ment pas mais sait trouver les mots qui font mouche, ceux qui vous boosteront et confirmeront votre désir créatif. À la lisière du développement personnel, nous sommes effectivement dans l’affirmation du soi, l’aspect émotionnel et le poids de nos émotions ne doivent certainement pas être laissés de côté, ce serait méconnaitre et nier l’esprit humain et ses cheminements (parfois) erratiques. En sept points, essentiels, l’auteure ôte tour à tour les préjugés, les inquiétudes, les fausses excuses que l’on se trouve toujours pour ne pas faire. Sa pratique personnelle et celle de son enseignement l’a rendu riche de ces questionnements sans fin auxquels elle sait désormais répondre. Peur de ne pas être à la hauteur, de ne pas savoir, de se décourager, de l’exigence que l’on s’impose, finalement autant de freins que l’on rencontre tout au long de notre vie. Avec douceur, patience, et parfois fermeté, l’écrivain rassure et encourage, soigne l’égo et booste la confiance en soi.

À propos du noir

Le mélange de ces trois couleurs primaires dans des proportions à peu près égales crée un gris anthracite que j’appelle le « noir vivant », qui est en fait la couleur de l’ombre.

C’est un noir dit « vivant » car constitué à partir de couleurs vivantes et vibrantes, contrairement à son défunt cousin, le noir mort ou cuit directement sorti du tube de peinture noire fabriquée à partir d’os calcinés d’animaux morts.

L’ombre est vivante, ce n’est pas une zone morte, elle n’est juste pas éclairée directement par la lumière.

À part pour représenter une forêt d’arbres calcinés après un incendie, ce noir d’ivoire ou de carbone est très rarement utilisé en peinture figurative du fait de la vibration morte qu’il confère aux tableaux.

En revanche, la grande majorité des peintres impressionnistes utilisent les couleurs pour peindre les zones d’ombre de leur sujet.

Pour ombrer ses arbres, par exemple, Monet utilisait du violet à base de bleu de cobalt et de rouge laque de garance foncé, mais jamais au grand jamais de noir. Comme il le disait d’ailleurs lui-même : « Pourquoi utiliser le noir ? Ce n’est pas une couleur. »

Une fois le regard sur soi apaisé, place à la vision attentive sur ce qui nous entoure, par les yeux d’un artiste. Un œil neuf, une méditation sensorielle et surtout l’art d’être présent au monde, dans son immédiateté, dans sa beauté, et parfois dans notre vulnérabilité. Avec sa douceur désormais coutumière, l’auteure nous guide à nouveau, ouvrant le champ des possibles avec ses mots-clefs, légers comme un coup de pinceau. À petites touches, c’est une autre façon d’appréhender notre environnement qui se dessine. Le lâcher-prise et la contemplation, des notions qui résonnent bien au-delà de ce que nous pourrions attendre d’un simple abrégé d’apprentissage.

Sur le trait

Souvent, surtout au début de la pratique, on n’est pas sûr de soi ; alors on dessine en transparence, c’est-à-dire sans appuyer sur le crayon, et on a tendance à gommer sans arrêt, aucun de nos traits ne va jamais.

Le problème du dessin transparent est que, par définition, on ne le voit pas. On ne voit rien, donc impossible de progresser à partir du néant. Avez-vous déjà vu des croquis d’artiste ?

« It’s a real mess », comme disent les Anglais : des traits de crayon dans tous les sens et au centre de ces traits apparaît, de façon très juste, le sujet. Si le onzième trait est le bon, sachez qu’il ne peut apparaître que grâce à la présence bien visible des dix premiers approximatifs.

Ce sont vos faux traits qui vous guident vers les bons. N’ayez donc pas peur de les rendre visibles sur votre feuille à dessin dès le départ.

Peu à peu, votre sujet vous apparaîtra de plus en plus clairement, non pas par magie, mais simplement grâce à l’audace de vous être lancé, d’avoir pris le risque de dessiner faux !

Au chapitre 4, l’artiste étant en paix avec lui-même et le monde qui l’entoure, place à l’interaction, et au dessin ! Sophie Lainé présente quelques concepts, mais livre surtout des astuces, des conseils, voire quelques secrets. L’envie de pousser à réfléchir est toujours présente et s’illustre parfaitement dans cette section puis dans la suivante, consacrée aux couleurs, ombres et lumières. Rien ne remplacera bien sûr la richesse d’un cours ou d’un stage, mais vous trouverez ici quelques appuis précieux pour vous aider à concrétiser chez vous votre désir de création. Arrivés au terme de votre aventure, celle de vous autoriser une nouvelle passion, de laisser libre cours à votre sensibilité et de vous octroyer la liberté immense offerte par la création, nul doute que c’est avec le sourire que vous suivrez l’auteure dans le sixième chapitre, dans lequel elle démonte les préjugés qui entachent l’art abstrait. Le livre d’une humaniste au grand cœur pour qui créer, et vous accompagner, est un engagement, une preuve d’amour et d’ouverture d’esprit. Vous n’avez pas encore mis au monde une œuvre d’art, mais vous avez tout en vous pour y parvenir !

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Sophie Lainé, de son nom d’artiste Sola, est née en Bourgogne en 1978. Attirée dès son plus jeune âge par la peinture et l’écriture, puis par la philosophie, elle décide en 2010 de se consacrer à plein temps à ses passions et d’en vivre. Sola ouvre son premier atelier de peinture et de dessin en 2012, à Nyon, sur les bords du lac Léman. Ses cours connaissent très rapidement un succès florissant. Sola peint, expose et vend ses créations tout en développant une démarche originale de coaching artistique. Engagée en faveur du monde artistique, elle a fondé deux associations dont l’objectif est de relier l’art et l’humain, autour d’évènements tels que des expositions temporaires à but caritatifs ou des plateformes de partage et d’échanges entre artistes et public. Sophie Lainé vit aujourd’hui en Bourgogne à proximité de Vézelay, où elle partage son temps entre peinture, expositions, animation de stage et écriture.

Vous pouvez contacter Sola et en apprendre plus sur son parcours sur son site officiel mais aussi y découvrir les stages, cours et ateliers qu’elle propose.

Sola a fait le choix de monter sa propre maison d’édition – L’Âme du rasoir – mais elle désire que son ouvrage soit largement diffusé et reste donc ouverte à toutes les propositions d’éditeurs. En attendant, vous pouvez d’ores et déjà vous procurer On n’est jamais à l’abri de créer une oeuvre d’art ! par ici.