On n’est jamais à l’abri de créer une œuvre d’art ! – Sola

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Ceci n’est pas un roman, mais cela se lit comme un roman. Guide de coaching artistique, à mi-chemin entre le livre de développement personnel et l’outil pratique qui enseigne des techniques concrètes, On n’est jamais à l’abri de créer une œuvre d’art ! donne surtout envie de tout lâcher pour courir faire le plein de couleurs chez Radigois (les Nantais savent). Puis de rentrer tranquillement à la maison… afin de reprendre la lecture à zéro et de faire le point sur deux ou trois choses essentielles. Car l’on peut bien sûr s’improviser artiste dans une vie (tout comme l’on peut bien s’improviser critique littéraire en devenant blogueuse) mais cela n’empêche pas d’avoir envie, dans le même temps, de se confronter à soi-même, à ses écueils et à ses attentes. C’est là où Sola est très forte (et douce, bienveillante et formidable).

Faire de son mieux, non pas dans l’intention de prouver notre valeur ou d’impressionner qui que ce soit par nos capacités, mais dans l’objectif d’offrir à soi-même et au monde, ce qu’on a de plus beau à offrir ! Au-delà de nos erreurs, notre ignorance et nos maladresses, je suis toujours touchée de constater, chez moi comme chez d’autres, la qualité des intentions d’amour qui précèdent la plupart de nos actions. Dans la pratique artistique, vouloir devenir le meilleur n’a aucun sens. Vous n’êtes plus à l’école et vous n’avez pas de concurrence autour de vous. La progression à laquelle nous invite la création d’art humaniste n’a justement rien à voir avec une histoire de performance ou d’efficacité. L’enjeu dans la création d’art dont il est question ici n’est pas de gagner une médaille, mais d’apprendre simplement à être plus humain, pour être plus libre d’exprimer et de faire valoir sa différence. Donner le meilleur de soi est une façon d’honorer ces belles intentions de départ, qui sont à l’initiative de la plupart des projets qui nous tiennent à cœur. Notre mieux de demain sera toujours mieux que notre mieux d’aujourd’hui car, dans cette voie évolutive, régresser est impossible.

Dans la vie, il y a une chose importante, à laquelle on la réduit malheureusement : faire. Une sorte de course géante au plus haut, plus loin, plus fort, une compétition effrénée mise en place entre les uns et les autres. À 14 ans nous avions peur du retour à l’école et du classique qu’as-tu fait pendant les vacances. À 30 ou 40 ou 50 ans nous y répondons avec une délectation non dissimulée : rien. Car (dans l’idéal) nous avons appris de nos erreurs passées que la vraie chose fondamentale dans une vie tient en fait en un seul verbe : être. Qui suis-je, qu’est-ce qui me fait du bien. La contemplation prend peu à peu le pas sur l’action, nous sommes proches de l’extase (oui). Sola garde cela bien en tête, elle qui s’en est posé des questions, qui en a posé à d’autres et qui a pris le temps de réfléchir aux réponses. Alors voilà, l’envie est là. Créer. Peindre, dessiner, se lancer. Mais les barrières (mentales) existent tout autant, essayons de faire sauter les verrous en anticipant les peurs primaires : je ne sais pas dessiner, je n’ai pas de talent, ce n’est jamais assez bien, je n’y arriverai pas, je suis nulle, je ne sais pas quoi peindre, je n’ose pas. Il y existe une façon un peu brutale de répondre à ces appréhensions : prends-moi ce p*** de pinceau, et peins, b***. Mais ce n’est pas la façon de faire de Sola. Sola rassure, encourage, dédramatise, cite des maîtres, est attentive. Comme une envie de me jeter dans ses bras et de l’appeler maman. N’empêche que ça fait du bien d’être comprise, devinée dans nos doutes et surtout valorisée (avant même le premier coup de pinceau !).

Vous n’osez pas car vous avez peur de vous tromper. Or, non seulement vous allez vous tromper, mais il est même indispensable et recommandé de le faire. Oui, comme nous l’avons déjà évoqué précédemment, lorsqu’on débute en peinture et en dessin, on a effectivement besoin d’être rassuré pour s’encourager et c’est bien normal. Ce besoin de sécurité devient toutefois problématique lorsqu’il vous paralyse dans votre expérience. Ainsi, je vous encourage vivement à avoir l’audace de temps en temps de tout gâcher ! Tout apprentissage passe par le constat de l’erreur, c’est inévitable ! Pour reprendre la métaphore du jardinage, on pourrait dire que l’erreur est notre engrais : D’ailleurs, dans le langage populaire, quand on se plante, ne dit-on pas que nous avons « merdé » ? Sans erreurs, comment allez-vous créer vos repères ? Sans fausses notes, comment reconnaître les bonnes ? Comment différencier le bon geste du geste maladroit ? Expérimenter, ce n’est pas réussir, c’est agir ! Être son propre maître c’est faire soi-même l’expérience et l’analyse, c’est à dire vérifier par soi-même ce qui marche et ce qui ne marche pas. D’ailleurs, les mots maître et mètre ont la même phonétique. Et si l’une des fonctions de votre maître intérieur consistait aussi à vous apprendre la juste mesure et, de cette manière, à vous aider à définir vos propres repères ? De la même façon que vous avez autorisé l’artiste en vous, autorisez-vous à vous tromper ; oubliez les « il faut » et les « je dois », abandonnez l’idée qu’il existerait en dehors de vous une façon de faire particulière, essayez et créez-la ! Voilà ce qui vous aidera vraiment à affirmer votre geste, à acquérir du savoir-faire et de la maitrise. On ne va jamais aussi loin que lorsqu’on ne sait pas où on va. Oser prendre le risque de rater votre œuvre, de vous perdre, c’est vous permettre d’aller toujours plus loin. « Comme c’est curieux ! On est conduit, on ne conduit pas. » disait Matisse, évoquant à la fin de sa vie son travail de peintre.

La question à quoi ça sert (l’art) est posée aussi, et même à celle-ci Sola prend le temps d’apporter des réponses (alors que nous étions d’accord, nous sommes dans l’être, pas dans le faire. Quelle patience). Une fois les freins explosés, il faut avancer. Pour cela il faut être présent à soi et à son environnement, car c’est l’objet (du dessin) qui guidera le sujet (le dessinateur). Être attentif aux signaux que nous envoient nos cinq sens reste donc primordial. Cinq minutes de vidage de tête en bonne et due forme, et la main peut alors s’emparer du pinceau. Une petite dose de techniques (perspective, contours, ombres et lumières), un rappel essentiel sur les couleurs et l’utilisation de celles-ci, quelques astuces (j’avoue que retourner la photo pour que le lobe gauche la mette enfin en veilleuse avec ses questionnements et doutes sans fin, je n’y aurais pas pensé) et le tour est joué. Vous n’êtes pas encore l’auteur d’une œuvre d’art mais vous avez tout (en vous) pour le devenir !

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Artiste-peintre et coach artistique professionnelle, Sola est née en Bourgogne en 1978. L’artiste a jusqu’ici principalement exposé ses travaux (Salons, banques, hôtels, galeries d’art) en Suisse, son pays d’adoption pendant 8 ans. L’un de ses sujets de prédilection est le travail sur la lumière et l’équilibre ou la manière de réunir les opposés sur un même espace. Un artiste ne s’autorise que de lui-même. Pour Sola, suivre sa propre inspiration artistique est tout sauf entrer dans une case : peindre ne consiste donc pas à « trouver son style », mais plutôt à expérimenter tous les styles imposés intuitivement par le principe de sa « nécessité intérieure ». Ainsi, l’impressionnisme, le figuratif, l’abstrait, l’expressionnisme, plus que des mouvements ou des styles, représentent pour Sola une richesse de techniques à expérimenter à l’infini, par amour de la peinture, par amour de l’amour… Convaincue du lien étroit qui relie la peinture à la nature et à la spiritualité, Sola se sent autant inspirée par des peintres comme Berthe Morisot et Odilon Redon que par les artistes du groupe Der Blau Reiter, Mark Rothko, ou encore Zao Wu Ki. D’une façon générale, Sola s’inspire de celles et ceux qui contribuent à changer son regard sur le monde.

Vous pouvez contacter Sola et en apprendre plus sur son parcours sur son site officiel mais aussi découvrir les stages, cours et ateliers qu’elle propose par ici.